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Le Trecento novelle de Franco Sacchetti

 

Le Trecento novelle de Franco Sacchetti Edition critique et traduction : une approche historico-théorique

Porteur : Sylvain Trousselard

 
La publication de l’édition critique et de la traduction inédite du Trecento novelle de Franco Sacchetti s’inscrit dans un vaste programme de recherches conjointes entre les membres de l’équipe. Au delà de l’établissement du texte, effectué par le Prof. Michelangelo Zaccarello de l’Université de Vérone, les six membres de l’équipe de traduction participeront à un ensemble de travaux dont le but sera de mettre en relief les caractéristiques thématiques et les enjeux politiques, culturels et sociaux du corpus. Il s’agira, à travers l’analyse des éléments contextualisants, de mettre en avant les marqueurs des mutations politiques, culturelles et littéraires au sein de la société civile des Comuni à la fin du XIVème siècle. Ces analyses prendront la forme, en autres, d’un paratexte (introduction, notes et documents annexes) étroitement lié aux nouvelles et aux travaux de contextualisation.
 


 
 
 
 
 

Sacchetti dans le cadre de la modernité


Le Trecento novelle de Franco Sacchetti est un ensemble de nouvelles important par son nombre et par les témoignages politiques, littéraires et culturels qu’il renferme. Sacchetti s’inscrit dans une double tradition : d’un côté, celle littéraire du modèle boccacien du Décaméron et, de l’autre, celle politique et institutionnelle de la libertas florentina. Ces traditions sont redéfinies par l’auteur dans ce qui apparaît au lecteur comme la création d’une nouvelle culture fondée sur une évolution de la langue vulgaire florentine et sur la mutation de toute une société.
Le choc provoqué par la peste de 1348 (le Décaméron de Boccace en est le plus grand témoignage) puis les vagues d’immigrations qui s’ensuivirent, ont marqué de manière significative la vie politique florentine et ont été à l’origine de bouleversements sans précédents. La lecture contextualisée des nouvelles de Sacchetti permet d’identifier des éléments suggérant le changement progressif de la vision politique : d’un État où prédomine le pouvoir des « grands » vers un État où émerge une oligarchie toujours plus présente tendant à s’imposer durablement dans l’univers culturel, politique et social florentin. De ce point de vue encore, il est aisé de relever de nombreux éléments critiques qui émaillent les textes. En effet, l’auteur, qui a fréquenté de très près le pouvoir grâce à ses activités professionnelles, n’hésite pas à intervenir en s’adressant directement à son lecteur, notamment dans la nouvelle CCI : E nota, lettore, che quasi tutte le terre venute a signore o a distruzione, ne sono stati cagione li cittadini possenti delle gran famiglie di quelle città che facendo divisione o contese fra loro, per essere ciascuno il maggiore, caccia l’uno l’altro e rimane la signoria a pochi, o a una famiglia ; e poi dopo alcun tempo viene un solo, cioè un tiranno, e caccia coloro e pigliasela elli. (Puccini : 2012, p.15).
Il s’agit là d’un témoignage direct portant sur un ensemble de transformations politiques, culturelles et sociales. L’édition scientifique, la traduction et la publication de ces nouvelles, qui sont un monument de la littérature italienne du XIVème siècle, seront, à n’en pas douter, l’occasion pour approfondir notre compréhension de l’histoire complexe de l’humanisme renaissant florentin et, plus largement, de l’histoire européenne de notre modernité.
 

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Mise à jour le 30 janvier 2015