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Colloque international "La Fabrique du XVIe siècle au temps des Lumières"

Du 11 au 13 octobre 2016
arton230-97058.png Comité d’organisation :
Myrtille Méricam-Bourdet, université Lyon 2
Catherine Volpilhac, ENS de Lyon

Si les continuités et les ruptures entre les XVIIe et XVIIIe siècles ont depuis longtemps fait l’objet d’un questionnement, on souhaite dans ce colloque interroger en amont ces phénomènes et observer comment le XVIIIe siècle constitue le XVIe en objet de pensée sur lequel il prend appui, tant pour s’en distinguer que pour s’inscrire dans son prolongement, ou bien encore pour y trouver matière à (re)fondation de ses pratiques et de ses concepts. C’est un moyen privilégié d’aborder la constitution de la modernité en pensant l’histoire des idées en termes de ruptures (par rapport au XVIe comme au XVIIe) et de retours sur des modèles antérieurs : modèles ambivalents qui peuvent valoir autant comme facteurs de différenciation que comme fondements revendiqués comme tels.
De la « Renaissance » aux « Lumières », le passage paraît aller de soi, et nombreux sont certainement les phénomènes de résonance et d’identification par lesquels le siècle des Lumières trouve dans celle-ci un précédent, voire un modèle. Le concept de « Renaissance » est néanmoins postérieur au XVIIIe siècle ; c’est pourquoi il nous apparaît nécessaire d’envisager la façon dont le XVIe siècle se trouve compris, aussi bien à travers ses figures majeures – ou considérées comme telles –, ses œuvres, ses genres, ses problématiques politiques et religieuses, son esthétique ou encore ses savoirs, que dans son identité éventuelle de « siècle » et la périodisation qui en découle. Au-delà des études de réception, nécessaires mais non suffisantes, c’est donc plus largement la postérité intellectuelle du siècle, sous toutes ses formes, qui sera envisagée, ainsi que la constitution même de la notion de « renaissance » – ou son absence. Le XVIe siècle, où l’on parle encore le « vieux gaulois », est-il la fin d’un Moyen Âge délibérément construit comme le temps de l’obscurité, ou l’amorce d’une époque de lumière ? Avant Descartes et Malherbe, avant l’avènement du goût et de la méthode, est-on vraiment entré dans l’ère moderne ? Ce XVIe siècle dans lequel le XVIIIe se reconnaît pour mieux s’y opposer, qu’a-t-il à apprendre aux hommes des Lumières ?
Après une journée d’étude (avril 2015 ; actes à paraître dans la Revue française d’histoire du livre, 2016) qui a traité de la manière dont sont édités au XVIIIe siècle plusieurs textes importants du XVIe (Montaigne, la Pléiade, Marot, Louise Labé, récits de voyage, textes agronomiques, traductions de More, Agrippa de Nettesheim), ce colloque abordera, de manière large, l’histoire des sciences et des savoirs, de ses héros et de ses martyrs, telle que le XVIIIe siècle trouve à la constituer et à s’y reconnaître depuis le XVIe. Mais l’Encyclopédie, pour ne citer qu’elle, hérite de bien d’autres savoirs qui, de l’anatomie au droit, en passant par l’étude de la langue et de la lexicographie, en font l’un des multiples lieux où se « fabrique » le XVIe siècle.
On réfléchira également à la pensée philosophique dont hérite le temps des Lumières, tant dans ce qui fonde le courant sceptique ou certaines hétérodoxies, que dans ce qui permet de penser les rapports du politique et du religieux. Le traumatisme du schisme et des guerres de religion, dont le souvenir est revivifié par la Bulle Unigenitus, permet-il de réfléchir sereinement à la place de la religion dans l’État ? La notion même de « naïveté », si facilement attribuée au XVIe siècle, ne se redéfinit-elle pas à la lumière des illustres exemples d’Amyot et de Montaigne ?

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Mise à jour le 5 juillet 2017